La 3ᵉ édition du Congrès National du Diabète, organisée du 26 au 29 mars par la Société Marocaine de Diabétologie (SMD), a réuni une pléiade d’experts marocains et internationaux autour des avancées scientifiques dans la lutte contre le diabète de type 2.

Dans un contexte marqué par la montée des maladies non transmissibles, responsables de près de 85 % des décès au Maroc, les spécialistes ont tiré la sonnette d’alarme : le diabète ne peut plus être considéré comme une pathologie isolée. Il s’inscrit désormais dans un système complexe impliquant étroitement les maladies cardiovasculaires et rénales.
Avec près de 2,9 millions de Marocains concernés, dont près d’un tiers non diagnostiqués, le diabète représente un enjeu majeur de santé publique. Les experts ont insisté sur le caractère silencieux de ses complications, souvent détectées tardivement, aggravant ainsi les risques d’insuffisance rénale et de maladies cardiaques.
Les débats ont mis en évidence un « cercle vicieux » entre diabète, cœur et reins : chaque atteinte accélère la dégradation de l’autre. D’où la nécessité, selon les congressistes, d’abandonner une approche centrée uniquement sur la glycémie au profit d’une prise en charge globale protégeant les organes vitaux.
Côté thérapeutique, les innovations ont occupé une place centrale. Plusieurs intervenants ont souligné l’efficacité des nouvelles bithérapies, notamment l’association empagliflozine/metformine, qui améliore à la fois le contrôle glycémique, le poids et la protection cardiovasculaire et rénale.
Les recommandations internationales récentes préconisent d’ailleurs une approche plus précoce et plus intégrée du traitement.
Au-delà des avancées médicales, le congrès a également mis en avant l’importance de la collaboration entre médecins, chercheurs et industrie pharmaceutique pour améliorer l’accès aux traitements et réduire les coûts pour les patients.
En conclusion, les participants ont appelé à une transformation en profondeur du système de prise en charge des maladies chroniques au Maroc, fondée sur l’intégration, l’innovation et la prévention. Une évolution jugée indispensable pour freiner la progression du diabète et améliorer durablement la qualité de vie des patients.
