LA MAISON DE LA PRESSE ALERTE SUR LA FLAMBÉE DES DISCOURS DE HAINE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
Filali Noureddine
Dans l’après-midi de ce vendredi, la Journée mondiale des droits de l’homme n’est pas passée inaperçue. La Maison de la Presse a choisi d’en faire un moment fort en organisant, ce week-end, une grande rencontre nationale consacrée à un phénomène qui inquiète autant les autorités que les acteurs de la société civile : la montée fulgurante des discours de haine et de violence sur les plateformes numériques.
Dans une salle pleine, journalistes, chercheurs et acteurs associatifs ont décortiqué un paysage digital miné par les attaques personnelles, la diffamation et la manipulation émotionnelle. Un espace virtuel devenu, parfois, une véritable arène où l’on “juge”, “condamne” et “exécute” sans preuves, sans nuances et sans conscience des dégâts causés.
Le colloque a permis de mettre en perspective les nouveaux défis imposés par un environnement numérique qui se transforme plus vite que les lois ne s’adaptent, mais aussi de rappeler l’urgence de renforcer l’éducation aux médias et de consolider les valeurs de tolérance et de respect au sein de la société.
À la tribune, des voix autorisées ont donné du poids aux échanges :
– Dr Mohamed Nachnach, doyen des défenseurs marocains des droits humains, a alerté sur la normalisation inquiétante du discours violent.
– Dr Khalid Bentarki, président du Centre méditerranéen d’études et de recherches juridiques, sociales et sécuritaires, a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique actualisé pour contrer ces dérives.
– Quant à l’expert en psychologie sociale Dr Mustapha Choukdali, il a décrypté les mécanismes psychologiques qui nourrissent la haine en ligne et encouragent les comportements mimétiques.
La rencontre, menée de main de maître par la journaliste Wafaa Touzri, s’est achevée sur un appel clair : les médias, les chercheurs et les institutions doivent renforcer leurs efforts communs pour freiner l’expansion de ce fléau numérique, qui menace autant la cohésion sociale que la santé démocratique du pays.
Un avertissement fort, lancé depuis Tanger, où l’on sait mieux qu’ailleurs que les mots, lorsqu’ils dérapent, peuvent faire autant de dégâts que les actes.
Au terme des interventions, un débat fructueux a été entamé entre la tribune et l’assistance
