Dans le cadre de la troisième édition du festival The Local Spring, le Palais des Institutions italiennes (ex-My Hafid) a accueilli, dans l’après-midi de ce dimanche, une table ronde d’envergure consacrée à la dynamique culturelle tangéroise. Animée par Saïd Kadiri, cette rencontre a réuni l’actrice Sanae Regragui, la réalisatrice Layla Triqui ainsi que le conseiller communal chargé du sport et la culture, Abdeloiahid Boulaich, devant un public attentif et engagé.
Placée sous le signe de la réflexion et du dialogue, cette rencontre a offert un espace d’échanges privilégié autour du mouvement culturel à Tanger et de l’image de la ville du Détroit dans la littérature et le cinéma. Les interventions, enrichies par les contributions du public, ont permis de croiser les regards, de confronter les perceptions et d’esquisser des pistes concrètes pour hisser le produit culturel local à la hauteur du rayonnement économique de la ville.
Prenant la parole avec franchise, l’actrice tangéroise Sanae Regragui n’a pas hésité à pointer du doigt les insuffisances du paysage culturel local. Elle a notamment regretté un décalage entre les ambitions affichées et la réalité du terrain, malgré la présence de multiples espaces et structures culturelles. À titre d’exemple, elle a évoqué le festival du film de Tanger, déplorant une faible implication du public tangérois.
Une analyse que n’a pas partagée Abdeloiahid Boulaich. Ce dernier a opposé à cette lecture un bilan qu’il juge globalement positif, mettant en avant les progrès réalisés et l’enrichissement de l’offre culturelle dans la ville ces dernières années.
De son côté, la réalisatrice Layla Triqui, profondément attachée à Tanger, a centré son intervention sur son long métrage Empreintes du vent, une œuvre saluée pour sa sensibilité et sa profondeur. Le film explore avec finesse les thématiques de l’identité, de l’exil et des relations intergénérationnelles, inscrivant la ville dans une narration à la fois intime et universelle.
Riche en échanges et en prises de position, cette table ronde s’est achevée sur un débat ouvert, marqué par la franchise des propos et la diversité des points de vue, témoignant d’une scène culturelle tangéroise en pleine interrogation, mais résolument vivante.
