MUSIQUE ANDALOUSE : INTENSES ACTIVITÉS POUR RENDRE HOMMAGE À FEU MY AHMED LOUKILI
Filali Noureddine
En partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication, la Fondation Moulay Ahmed Loukili remet une fois encore la musique andalouse au cœur du débat public.
Du 13 au 20 décembre, elle commémore le 37ᵉ anniversaire de la disparition de Moulay Ahmed Loukili, figure tutélaire et gardien d’un art qui peine, aujourd’hui encore, à trouver sa juste place dans le paysage culturel national.
Une semaine pour raviver la mémoire, et interroger la transmission.
À l’ENCGT, à l’ENSAT, à l’Université New England et à l’École Al-Boukhari, une exposition photographique retrace l’itinéraire d’un homme qui a consacré sa vie à sauver un patrimoine devenu, pour beaucoup, un simple décor cérémoniel. Sous le thème :
« La caravane de fidélité : la musique andalouse, hommage à la mémoire et continuité à travers les générations », l’exposition rappelle, images à l’appui, qu’une mémoire oubliée n’est qu’un patrimoine en sursis.
Le 19 décembre à 17h, la Maison de la presse accueillera une conférence au titre sans ambiguïté :
« L’identité musicale marocaine à travers l’école de Moulay Ahmed Loukili ».
De Meknès à Fès, de Rabat à Tanger, Abdelaziz Ben Abdeljalil, Abdelfettah Ben Moussa, Soufian Guedira et Omar Mettioui viendront, chacun à leur manière, rappeler que cette identité ne se défend pas seulement par des discours, mais par une véritable politique culturelle — encore attendue.
Le 20 décembre à 19h, le Palais de la culture et des arts accueillera la grande soirée de clôture.
Une exposition photo ouvrira la cérémonie, avant qu’un spectacle musical ne prenne le relais, porté par l’Orchestre national sous la direction d’Omar Mettioui, et enrichi par une pléiade d’artistes venus de tout le Royaume.
Deux temps forts structureront la soirée :
Les sept twachih, puisés dans les tréfonds d’un répertoire que l’on brandit souvent, mais que peu maîtrisent réellement : Mizane Darj Nouba, Grand Hijaz, Insiraf Btayhi.
Puis Koddam Al-‘Ouchak, sommet d’exigence où se joue, chaque fois, l’équilibre fragile entre tradition et renouvellement.
Entre les deux séances, un hommage appuyé sera rendu aux membres et aux familles de l’Orchestre de la Radio et Télévision Marocaine (RTM), ces passeurs de l’ombre qui ont façonné l’oreille musicale du pays.
L’accès se fera sur invitation, tandis que la soirée sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux — signe des temps : le patrimoine ancestral cherchant, lui aussi, sa place dans le brouhaha numérique.
