Après quinze années d’existence, Andalousiats Tanger est aujourd’hui menacé de disparition. La perspective a été annoncée par Me Ahmed Guenoun, président de la Fondation Nassaïm Al-Andalous, lors d’un point de presse tenu au siège du Royal Country Club de Tanger.
Las des promesses qui, selon lui, n’ont pas été suivies d’effets et confronté à une situation financière devenue particulièrement difficile, le président de la Fondation n’exclut plus de mettre un terme à l’aventure de ce festival, devenu au fil des éditions l’un des rendez-vous emblématiques de la musique andalouse dans la région du Nord.
Pendant quinze ans, Andalousiats Tanger a réuni des artistes de renom et des orchestres réputés, attirant à Tanger des passionnés venus de différentes régions du Maroc. Au-delà de la programmation artistique, le festival s’est progressivement imposé comme un espace de valorisation et de transmission d’un patrimoine musical profondément ancré dans l’histoire culturelle du pays.
Mais derrière les concerts et les soirées musicales, une autre réalité s’est installée : celle d’un festival confronté à des difficultés de financement qui menacent désormais sa pérennité.
Visiblement affecté par cette situation, Me Ahmed Guenoun a fait part de son exaspération face à ce qu’il considère comme un manque de soutien institutionnel. Il envisage même de « claquer la porte » si aucune solution durable n’est trouvée pour permettre au festival de poursuivre son parcours.
Le président de la Fondation Nassaïm Al-Andalous ne compte toutefois pas en rester là. Il a également évoqué la possibilité d’engager une action en justice contre le ministère de la Culture, estimant que celui-ci devait apporter son soutien au festival. Une démarche qui, si elle se concrétise, pourrait ouvrir un débat plus large sur les mécanismes de soutien public aux manifestations culturelles et sur les engagements des différents partenaires institutionnels.
Après quinze ans, Andalousiats Tanger se retrouve ainsi à un tournant décisif. La question dépasse désormais le seul avenir d’un festival : elle pose celle de la place accordée à la musique andalouse et, plus largement, à la préservation et à la promotion du patrimoine culturel dans la région du Nord.
