Les données et la technologie au cœur de la réforme de la gouvernance de la dette en Afrique depuis Tanger
La ville de Tanger a accueilli, mardi, une rencontre de haut niveau mettant en lumière l’importance croissante des données et des technologies numériques dans l’amélioration de la gouvernance de la dette publique et le renforcement de la mobilisation des ressources internes en Afrique, en marge de la 58ᵉ session de la Commission économique pour l’Afrique.
Organisée par l’Union de la jeunesse africaine en partenariat avec la Commission, cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des décideurs, des experts économiques ainsi que des représentants d’organisations internationales. Les discussions ont porté sur les moyens de moderniser la gestion de la dette publique sur le continent dans un contexte marqué par l’accélération des transformations numériques.
Les participants ont souligné que la mise en place de systèmes de données intégrés, appuyés par des outils numériques avancés, constitue un levier essentiel pour renforcer la transparence de la dette publique, en élargissant son suivi à l’ensemble du secteur public, y compris les entreprises publiques et les engagements implicites.
Ils ont également insisté sur l’importance d’une approche fondée sur les données pour orienter les politiques macroéconomiques et renforcer la résilience financière des pays africains. La digitalisation offre, selon eux, des opportunités majeures pour améliorer l’efficacité des systèmes fiscaux et accroître la mobilisation des ressources domestiques.
Les échanges ont par ailleurs mis en avant le rôle des outils analytiques avancés dans la gestion des risques liés à la dette, notamment à travers le suivi des indicateurs, la réalisation de tests de résistance et la mise en place de mécanismes d’alerte précoce face aux fluctuations liées au refinancement, aux taux de change et aux taux d’intérêt.
Dans ce cadre, Jamal Ibrahim a appelé à revoir les approches internationales relatives à la soutenabilité de la dette, soulignant que la bonne gouvernance de la dette est un élément clé pour garantir un endettement soutenable.
Il a également recommandé de renforcer la coordination institutionnelle, à travers la création de conseils nationaux dédiés à la gouvernance de la dette, le développement des capacités des structures de gestion et la modernisation des systèmes d’information.
De son côté, Daniel Noyer a présenté les dernières avancées du projet de convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale, en mettant en avant les enjeux liés à l’ingénierie fiscale et le programme de travail de la commission intergouvernementale chargée des négociations.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux de la 58ᵉ session de la Commission économique pour l’Afrique, organisée du 28 mars au 3 avril, autour de la thématique de la croissance par l’innovation et de l’exploitation des données et des technologies de pointe au service de la transformation économique du continent.
Au cours de cette session, les participants examinent les moyens de mobiliser l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et les systèmes de données modernes afin d’améliorer la productivité et de diversifier les économies africaines, contribuant ainsi à une transformation structurelle durable.
Les travaux devraient aboutir à des recommandations ministérielles portant notamment sur la souveraineté numérique, la gouvernance des données et la promotion d’une croissance fondée sur l’innovation, ainsi que sur le renforcement des investissements dans les infrastructures numériques et énergétiques.
