Fnideq s’est figée, ce samedi matin, dans un silence que seules savent imposer les catastrophes. En l’espace d’un instant, la vie de tout un quartier a basculé. Trois personnes n’ont pas survécu. Huit autres ont été arrachées à leur quotidien, blessées, parfois grièvement. Au cœur du drame : un café populaire du quartier El Batiou, lieu de routine, de rires et de passages, soudain réduit au chaos.
Tout a commencé par cette défaillance mécanique, aussi soudaine que fatale. Les freins d’un camion de grand tonnage ont lâché. Et dès lors, plus rien ne pouvait arrêter la masse métallique lancée à pleine vitesse. Le véhicule a traversé la rue comme une ombre furieuse, avant de s’écraser contre le café, pulvérisant tables, murs et vies.
L’impact a fait jaillir les flammes. Un feu brutal, affamé, qui a avalé le café puis s’est engouffré dans l’habitation voisine, comme si le destin voulait étendre encore l’étendue du malheur. Les cris, la fumée, la panique… puis les sirènes, trop tard pour certains.
Ce matin-là, El Batiou n’a pas seulement perdu un lieu : il a perdu un morceau de lui-même.
